Trop. Trop tôt.

Elle m’embrasse. La bouche d’une anorexique en proie aux relents acides d’un estomac vide. Les cheveux acajous brillant sous les étoiles d’une nuit claire. Traverse les volutes de fumée qui pique les yeux, s’engouffre dans un couloir obscur. Je la suis.
Tous identiques. Leurs visages blêmes éclairés par intermittence me jettent leur mocheté en pleine gueule. Une foule compacte saccadée de mouvements robotiques, de déhanchés langoureux. La musique lancinante me vrille le cerveau, je m’éloigne de la piste.
Des corps s’entremêlent dans les recoins obscurs, partagent leur fluide, s’emboîtent. La sueur qui coule le long de l’échine, le souffle court. Je la rejoint, elle m’invite à la suivre, sa main moite m’accroche avec insistance. Encore des couloirs, sinueux, mes pieds butent contre des corps.
Un couple, tout en chair. Puis l’aiguille qui s’enfonce dans mon bras blanc, creuse dans mes veines. Des visages flous, des cavités humides. On ne peut plus respirer, tout est rouge. La vision qui se brouille, juste son visage pâle, encadré de cheveux roux, sa beauté vulgaire.
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